Las, les hommes cherchent les hommes. Des binoclards et des sportifs, des danseurs et des mathématiciens, chacun veut partager sa pomme. Tous identiques dans leur étrangeté particulière, tous sont différents. Les néons, les télés, les ampoules, les écrans, les soleils, les lunes et les étoiles, les fenêtres, les feux, il n'est rien qui puisse éclairer leur capacité. Les hommes comme moi y voient trop. D'autres sont aveugles, mais eux ne savent comment regarder à coté, ils puisent sans cesse dans leurs analyses et leurs calculs. Les hommes comme moi n'existent pas. Je suis seul. Et je les cherche, où ils ne sont pas, où il ne faut pas, alors, je pleure. Je pleure ma solitude et ris de mon amertume, le lendemain de ma fragile insouciance, car je suis cet être complexe que les hommes appellent homme. C'est ainsi l'idée de désir qui me hante chaque nuit, lorsque la caméra embarquée repasse le film des occasions ratées. C'est qu'il s'attache à me serrer contre l'impossible, à m'éloigner tout autant du possible, à me créer des tourments, insatiables. Alors j'erre dans la joie de l'instantanéité et la peine de l'insolvabilité, j'attends.
samedi 11 juillet 2009
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